Voici un article publié le 22 février par LA Presse, toutefois, celui-ci est écrit qu'en français. Si vous désirez le lire, vous pouvez le faire en cliquant ici ⊗.

Logements sociaux: des millions dorment dans les coffres de la Ville

Des millions récoltés depuis cinq ans auprès des promoteurs immobiliers pour financer des projets de logements sociaux et abordables dorment dans les coffres de la Ville de Montréal. L'administration Plante dit attendre impatiemment le transfert des pouvoirs en habitation promis par Québec pour débloquer la construction de 2000 logements qui tardent à voir le jour.

Montréal s'est doté en 2005 d'une Stratégie de logements abordables dans les nouveaux projets résidentiels. En somme, tous les projets de 200 unités et plus (100 depuis 2015) devaient prévoir 15 % de logements sociaux et 15 % de logements abordables.

Mais puisqu'elle ne disposait pas des pouvoirs pour l'imposer, Montréal avait permis aux promoteurs de verser une compensation financière quand ceux-ci jugeaient l'implantation de logements sociaux ou abordables impossible. Depuis la création du fonds en 2012, la Ville de Montréal a ainsi récolté un peu plus de 13 millions afin de financer d'autres projets.

Voilà, bien peu de projets de logements sociaux ont vu le jour grâce à ces fonds. Depuis 2012, la métropole a versé un peu plus de 2 millions à une poignée de projets, si bien que le fonds dispose toujours de 11 millions dans ses coffres.

UN PLAFOND QUI BLOQUE LES PROJETS

Élue responsable de l'habitation, Magda Popeanu explique le faible nombre de projets financés par la difficulté des groupes responsables de construire les logements sociaux à obtenir le feu vert de Québec. Les règles en vigueur fixaient un plafond au coût des travaux, plafond qui n'avait pas été rehaussé depuis 2009, ce qui rendait tout projet à Montréal difficile à réaliser.

« Les projets sont beaucoup bloqués, particulièrement à Montréal où les terrains sont souvent contaminés », laisse entendre Éric Cimon, directeur général de l'Association des groupes de ressources techniques du Québec.

Dans la nouvelle Loi sur la métropole, Québec a décidé de confier les pouvoirs en matière d'habitation à la Ville de Montréal. La métropole a ainsi révisé le programme Accès Logis et attend la sanction du Conseil du trésor pour démarrer ses activités. Ce changement attendu « dans les jours qui viennent » devrait permettre de lancer rapidement des projets qui attendent depuis longtemps.

« On l'attend avec grande impatience pour faire les 2000 logements en attente. Dès que ça passe au Conseil du trésor, tout ça va rouler. Bien sûr que cet argent va servir et on a hâte que ça serve », souligne Magda Popeanu, élue responsable de l'habitation.

Éric Cimon a aussi bon espoir que le transfert des pouvoirs va permettre un déblocage. « Ça ne nous inquiète pas. L'argent qui dort va être utilisé. »

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain, mieux connu sous son acronyme du FRAPRU, s'est pour sa part étonné d'apprendre que Montréal avait dans ses coffres autant d'argent inutilisé pour le logement social. « L'information est difficile d'accès, ça devrait être mieux divulgué », dit Céline Magontier, organisatrice communautaire.

Le FRAPRU espère que le transfert des pouvoirs à Montréal permettra de relancer la construction de logements sociaux. L'organisation espère toutefois que le rehaussement du plafond du coût des travaux ne se fera pas au détriment du nombre d'unités livrées.

Courtier immobilier Ste-Dorothée Laval Rive-Nord | Eryck Véziau

 

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