La beauté des vagues, Joanne Gagné, courtière immobilière installée à Matane, ne se lasse pas d’en vanter les charmes. C’est cependant une vague d’un autre genre qui retient son attention depuis plus de 15 ans. Celle des baby-boomers dans la cinquantaine qui, de la fin des années 1990 jusqu’au milieu des années 2000, ont afflué sur le littoral, attirés par l’air marin et des résidences à prix abordables. «Ils étaient tellement nombreux qu’on n’avait pas de quoi les satisfaire», raconte la courtière de Via Capitale. Ses clients achetaient une belle maison pour 50 000 dollars et y investissaient le double ou le triple en rénovations. «Les gens du coin les ont regardés mettre d’immenses fenêtres côté mer en riant, se disant qu’ils allaient geler l’hiver!»

Ces mêmes baby-boomers, aujourd’hui sexagénaires ou septuagénaires, contactent maintenant Joanne Gagné pour mettre leur maison en vente — et pas parce qu’ils ont froid. «Ils trouvent que leurs petits-enfants sont trop loin, ou ils ont des problèmes de santé. Après l’achat massif, c’est la vente massive.»

Les premiers baby-boomers soufflent cette année leurs 70 bougies, un âge où les habitudes de vie et la santé commencent dans bien des cas à changer. Vu leur nombre, ce qu’ils feront de leurs maisons aura des répercussions importantes sur le marché immobilier au cours des prochaines années. Si ce qui se produit dans le Bas-Saint-Laurent se répète à l’échelle du Québec, y aura-t-il quelqu’un pour acheter des résidences loin des grands centres?

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