Par Chloé Pouliot, Le Soleil21 novembre 2024 à 04h00|Mis à jour le21 novembre 2024 à 09h16

CONSOMMATION / La valeur de votre propriété a bondi de 27 %, d’après la récente évaluation municipale. Outre les impacts sur votre compte de taxes, y a-t-il d’autres répercussions auxquelles il faut vous attendre?


Au cours des derniers mois, des municipalités ont publié leur plus récente évaluation foncière pour 2025 à 2027.

Que ce soit à Québec, à Trois-Rivières ou à Granby, la valeur moyenne des maisons unifamiliales tout comme celle des terrains vagues, des copropriétés et des immeubles à logements a bondi de plusieurs points de pourcentage. En voici quelques exemples.

Cette hausse entrera en vigueur dès les premiers jours de 2025.

Si la fonction première de cette évaluation triennale est d’établir le montant des taxes municipales, devient-elle un point de repère pour d’autres fins?

Primes d’assurance

La réponse est claire chez Desjardins Assurances: les augmentations de la valeur foncière des propriétés n’affectent pas les primes d’assurance.

«Ces dernières sont calculées en fonction des coûts de reconstruction, y compris l’augmentation des coûts des matériaux due à l’inflation», explique le porte-parole Jean-Benoît Turcotti, dans un échange de courriels.

Un même signal est envoyé du côté de François Lemieux, président de la firme de courtage Lemieux Assurances.

«Si demain matin, je donnais le contrat de reconstruction à un entrepreneur, combien ça coûterait?»—  François Lemieux, président de Lemieux Assurances

Celui qui travaille dans le milieu des assurances depuis 37 ans remarque qu’il est normal que la valeur de reconstruction soit plus élevée que la valeur foncière.

En cinq ans, la valeur moyenne de reconstruction a d‘ailleurs augmenté de près de 20 %, estime-t-il, en pointant du doigt la hausse du prix des matériaux et la rareté de la main-d’œuvre à titre de causes.

Il faut également savoir que la ville dans laquelle se situe votre propriété influence la valeur de reconstruction. «Si vous prenez votre même maison à construire à Montréal ou à Québec, il va y avoir une différence», tient-il à préciser.

Valeur du marché

À savoir si la valeur municipale devient un point de repère pour le prix de vente d‘une maison, le courtier immobilier chez Royal Lepage, Marc Lefrançois, indique qu‘il ne faut pas s’y fier.

«Des acheteurs donnent une valeur à cela. On essaie de leur dire que c’est une erreur», met-il de l’avant.

«Quand vient le moment de faire une offre, les acheteurs se rabattent sur les comparables.»—  Marc Lefrançois, courtier immobilier

Étant donné que l’évaluation est réalisée à tous les trois ans, elle ne reflète pas l’état du marché immobilier d‘aujourd’hui. «Imaginez: la première année, on est déjà un an en retard. Deux ans en retard, puis trois. C’est toujours une vision sur le passé», renchérit-il.

Cet avis est partagé par le président de l’Ordre des évaluateurs agréés du Québec, Pierre Goudreau.

Il tient à ajouter que l‘examen effectué par les évaluateurs agréés n‘est pas spécifique à chaque propriété, d‘où les écarts qui peuvent parfois se glisser. Il faut plutôt le voir comme une estimation.

«Vous comprendrez qu‘on ne fait pas une expertise spéciale à chacune des maisons, à chaque trois ans. Ça coûterait les yeux de la tête de faire des rôles d’évaluation», lance celui qui tient tout de même à dire que cela ne remet pas en cause la validité du chiffre.

Pour sa part, Marc Lefrançois pointe aussi du doigt les rénovations, qui peuvent passer sous le radar de l’évaluateur si aucun permis n‘a été demandé. «Vous prenez ce phénomène-là multiplié sur plusieurs années: il y a des distorsions qui se créent dans l’évaluation foncière», insiste le courtier.

Par ailleurs, un bond trop important de la valeur municipale de votre propriété peut nuire lors d‘une vente.

«Vous ne souhaitez pas une évaluation foncière élevée, parce que ça peut augmenter vos taxes. Et la taxe de bienvenue», souffle le courtier immobilier, tout en soulignant qu’une telle situation peut refroidir les acheteurs potentiels.

Lire l’article ici

Autres articles pouvant vous intéresser
Météo extrême: le nouveau critère qui bloque les hypothèques
Achat propriétéAstuceImmobilier
Météo extrême: le nouveau critère qui bloque les hypothèques
14 septembre 2026

Jean-Pascal Blangez Publié le 09 septembre 2026 EXPERT INVITÉ. Longtemps, l’assurance habitation n’était qu’une formalité dans une transaction hypothécaire. Une preuve pour le notaire, le nom du prêteur au contrat, et on passait à la suite. Cette époque est révolue. Avec la multiplication des événements climatiques extrêmes, l’assurance n’est plus seulement une dépense à budgéter.

Un chalet à tout prix?
Achat propriétéAstuceImmobilierNouvelles
Un chalet à tout prix?
9 septembre 2026

La surchauffe immobilière n’épargne pas les chalets. Pour fuir la ville, certains tournent parfois les coins ronds. Petit guide pour prendre une décision éclairée. Par Sophie Stival Mardi 8 septembre 2021 • Mise à jour le 1 avril 2022 La surchauffe immobilière n’épargne pas les chalets. Pour fuir la ville, certains tournent parfois les coins ronds. Petit

4 août 2026
Achat propriétéAstuceImmobilier
4 août 2026
9 août 2026

Ventes sans garantie légale : portrait d’un phénomène en évolution Longtemps associée à des situations particulières comme les successions ou les reprises de finance, la vente sans garantie légale occupe aujourd’hui une place beaucoup plus importante dans le marché immobilier résidentiel québécois. Au cours des quinze dernières années, sa présence s’est accrue de façon marquée. Les données

Laissez-nous un commentaire