Les nouvelles cartes comporteront plus de jaune et moins de rouge, selon la Communauté métropolitaine de Montréal.
Publié et mis à jour le 11 décembre
Les cartes des zones inondables mises à jour par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) seront d’un degré de sévérité « légèrement moindre », pour les propriétaires de maisons situées près de cours d’eau, que celles qui avaient été dévoilées de façon préliminaire en septembre 2024. Québec a assoupli ses critères en juin dernier, de sorte que les nouvelles cartes allégeront le fardeau des riverains susceptibles de subir des débordements.
Les maires et les résidents des 82 municipalités de la grande région de Montréal attendent avec impatience ces nouvelles cartes, que les experts de la CMM sont en train de finaliser. Elles seront transmises aux villes d’ici le 31 janvier 2026, indique au Devoir Nicolas Milot, directeur de la transition écologique à la CMM.
Le gouvernement Legault a apporté des changements à la définition des quatre niveaux de risque d’inondation, qui sont représentés par des couleurs allant du jaune au rouge foncé. Les nouvelles cartes auront donc « une portée équivalente ou légèrement moindre » que celles dévoilées à l’automne 2024, explique l’expert de la CMM.
Cette cartographie avait soulevé une vague d’inquiétude dans les 82 municipalités de la région montréalaise. Sous l’influence des changements climatiques, le nombre de résidences situées en zone inondable allait presque doubler sur le territoire de la CMM. On évoquait alors plus de 15 000 bâtiments, qui comprenaient un total de 19 000 logements.
« La grandeur des zones inondables ne sera pas pire que ce qui avait été présenté en septembre 2024. Aussi, l’importance du rouge [représentant un degré supérieur de sévérité] va être moins grande, tandis que le jaune [entraînant moins de contraintes pour les riverains] va occuper plus de place », précise Nicolas Milot.
Citoyens aux aguets
À Vaudreuil-Dorion, on se croise les doigts pour que ces assouplissements permettent d’éviter une « catastrophe ». Des bâtiments n’ayant jamais été inondés se trouvaient en zone inondable d’après les critères définis par Québec en 2024, rappelle Olivier Van Neste, directeur général de la municipalité située en bordure du lac des Deux-Montagnes, à l’ouest de Montréal.
Des résidents craignent que leur maison soit désignée à tort comme étant en zone inondable. Cela ferait chuter la valeur de leurs propriétés, les rendrait difficilement assurables et compliquerait les renouvellements de prêts hypothécaires.
Cette ville de 43 000 habitants avait été frappée par les crues des printemps 2017 et 2019. Les mesures de protection mises en place en 2019 ont su limiter les dégâts, souligne Olivier Van Neste. Les inondations avaient été dues en bonne partie au refoulement de conduites censées déverser l’eau de pluie dans le lac des Deux-Montagnes. Mais, plutôt que de se déverser dans le lac, l’eau remontait à la surface, inondant le territoire — et des bâtiments.
Depuis, chaque printemps, la Ville installe au besoin, dans les canalisations, des « ballons obstructeurs » gonflables qui empêchent le refoulement de l’eau. Des pompes placées dans les conduites assurent aussi l’évacuation de l’eau supplémentaire qui s’infiltre dans les tuyaux. Des digues temporaires faites de sacs de sable ont aussi permis aux résidents d’éviter le pire en 2019.
Une pétition de 2130 noms déposée à Québec plus tôt cette année demandait un report de l’entrée en vigueur des nouvelles règles édictant les zones inondables, le temps que davantage de consultations soient menées. Les signataires réclamaient aussi un mécanisme simple par lequel les propriétaires pourraient contester les cartes s’ils les jugent erronées.
Des pluies exceptionnelles
Les cartes mises à jour signaleront aussi les « cuvettes » à risque de se remplir lors de pluies diluviennes. La présence de ces cuvettes, parfois situées loin des cours d’eau, a entraîné l’inondation de centaines de sous-sols après les pluies exceptionnelles du 9 août 2024 et du 13 juillet 2025.
Les villes doivent se préparer, parce que ce type d’averses brèves et intenses survient désormais presque chaque année — et non une fois par 20 ou 50 ans, comme par le passé —, souligne Nicolas Milot.
Les experts de la CMM ont recouru à une technologie au laser extrêmement précise, le lidar (acronyme de « light detection and ranging »), pour déterminer les zones où l’eau de pluie est susceptible de ruisseler, de s’accumuler et d’entraîner des inondations. Elle permet la mesure de distances et la création de cartes 3D avec une précision de 15 centimètres, souligne M. Milot.
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