Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, les dépenses de consommation des Québécois ont diminué de 0,4 % au premier trimestre de 2025, après six trimestres consécutifs de hausse.

Le produit intérieur brut (PIB) de l’économie québécoise a progressé de 0,5 % au premier trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent de fin d’année 2024, selon les données publiées jeudi par l’Institut de la statistique du Québec.

Publié le 27 juin

Martin Vallières

La Presse

Mais de l’avis d’économistes, ce sursaut de croissance au Québec en début d’année pourrait s’avérer de courte durée, avant que le plein impact du conflit commercial avec les États-Unis ne se fasse sentir.

« La croissance du PIB au premier trimestre s’est accentuée par rapport au dernier trimestre de 2024, mais il ne faut pas y voir un signe de vigueur pour l’économie du Québec », prévient Daren King, économiste de la Banque Nationale.

Ce sursaut de croissance « s’explique en bonne partie par un bond considérable des exportations dans un contexte où nos clients commerciaux au sud de la frontière ont devancé de nombreux achats en début d’année afin d’éviter l’impact des tarifs ».

« Les entreprises québécoises ont également augmenté leurs importations [de fournisseurs américains], mais dans une moindre mesure. »

Au Mouvement Desjardins, l’économiste principal Sonny Scarfone note aussi que « l’économie du Québec a gagné en dynamisme au premier trimestre, période marquée par un contexte de changements commerciaux marqués ».

En fait, signale l’économiste, « le commerce international a soutenu cette croissance, alors que les exportations ont crû plus rapidement que les importations. Cette dynamique reflète les efforts des entreprises pour devancer l’imposition de nouvelles barrières tarifaires, tant pour les envois à l’étranger (exportations) que pour constituer des stocks d’intrants (importations) ».

En contrepartie, l’économiste de Desjardins constate que « la demande intérieure [de l’économie québécoise] a stagné au premier trimestre, alors que les ménages ont adopté une posture plus prudente face à la montée de l’incertitude » dans un contexte de conflit commercial.

Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, les dépenses de consommation des Québécois ont diminué de 0,4 % au premier trimestre de 2025, après six trimestres consécutifs de hausse.

« Le conflit commercial avec les États-Unis a pesé sur la consommation des ménages », constate l’économiste Daren King, de la Banque Nationale.

De bons points

Cela dit, les économistes relèvent « quelques bonnes nouvelles » dans les données du PIB au Québec durant les trois premiers mois de 2025.

Daren King souligne « la croissance soutenue des investissements [des entreprises] en machinerie et équipement malgré le contexte d’incertitude économique ».

Il signale aussi que « les investissements en bâtiments résidentiels ont connu une hausse importante au premier trimestre 2025, pour un quatrième trimestre de hausse consécutif, alors que les mises en chantier dans la province continuent de faire bonne figure ».

Chez Desjardins, l’économiste principal Sonny Scarfone souligne que « les investissements des entreprises en machines et en matériel ont progressé de 10,8 % [au premier trimestre] ; une accélération qui reflète l’anticipation d’une hausse des prix dans un contexte de montée du protectionnisme américain et de mesures de représailles du Canada ».

Ensuite ?

De l’avis de l’économiste d’expérience Hélène Bégin, « l’économie de la province est demeurée solide [au premier trimestre], mais il pourrait bien s’agir d’un dernier souffle à moins d’un allègement ou d’un retrait des tarifs douaniers américains à brève échéance ».

L’économiste à l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec signale que « les difficultés économiques se répercutent depuis le mois d’avril sur le taux de chômage qui a déjà augmenté autour de 6 % au Québec ». Mme Bégin anticipe que « les statistiques à venir du PIB confirmeront avec un certain décalage l’effet domino qui est déjà bien enclenché dans la province, surtout dans les régions les plus vulnérables aux tarifs américains comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Mauricie et le Centre-du-Québec ».

Par conséquent, selon Hélène Bégin, « un ralentissement voire un recul de l’économie québécoise sera confirmé par les prochaines statistiques du PIB en avril et des mois suivants. Cette baisse de l’activité économique pourrait ainsi se répercuter sur les statistiques du PIB du deuxième trimestre de 2025 ».

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