Le prix des maisons unifamiliales a grimpé à 524 900$, une augmentation de 1,4% par rapport au trimestrie précédent.
CLÉS EN MAIN.Le marché de la revente résidentielle montre des signes d’essoufflement au Québec, du moins dans plusieurs grands centres.
C’est ce que révèle « L’étude sur le prix des maisons et les prévisions de marché » dévoilée par Royal LePage ce matin. La firme de courtage immobilier note un marché en deux tons, qui « affiche des dynamiques contrastées d’une région à l’autre, oscillant entre une vigueur soutenue et des signes évidents de ralentissement ».
L’étude indique que le prix moyen de l’agrégat (calculé à partir de la moyenne pondérée de la valeur médiane de tous les types de propriétés étudiés) pour les maisons unifamiliales et les copropriétés a augmenté de 3,8% à travers la province entre le deuxième trimestre cette année et la même période l’an dernier pour atteindre 487 500$.
Les maisons unifamiliales mènent encore le bal avec un agrégat moyen de 524 900$ (+3,7% annuellement, +1,4% trimestriellement), tandis que les copropriétés ont affiché un prix moyen de 407 700$ (+2,2% annuellement, +1,2% trimestriellement).
Au ralenti
Toutefois, la différence de prix entre les deux derniers trimestres, donc entre les périodes de janvier à mars et d’avril à juin, n’a progressé que de 2,9%.
On remarque de plus que plusieurs marchés sont dans la négative entre le début et le milieu de l’année 2026. Québec mène le bal de ce côté avec une décroissance de 2,1%, tandis que Sherbrooke (-1,2%), et Laval (-0,2%) ont eux aussi connu des baisses.
Seuls deux marchés ont par ailleurs dépassé une inflation de prix de plus de 2% entre les deux premiers trimestres: Montréal Centre (+2,2%) et Gatineau (+4,6%).
« Le deuxième trimestre de 2026 confirme l’amorce d’une stabilisation progressive du marché immobilier au Québec, explique le vice-président exécutif chez Royal LePage, Dominic St-Pierre. Bien que la demande maintienne les prix à la hausse sur une base annuelle, la prudence financière des acheteurs installe tranquillement une transition vers l’équilibre. C’est particulièrement flagrant pour le marché de la Ville de Québec, qui avait enregistré des hausses de prix chaque trimestre au cours des dernières années. »
De la même manière, la stabilisation du marché pousse les acquéreurs à remplacer l’urgence par une prise de décision calculée, ajoute-t-il. Royal LePage a ainsi constaté, au cours du deuxième trimestre, une décroissance des surenchères et des offres multiples ainsi qu’une augmentation du nombre d’annulations après inspection.
« Prudents, les acheteurs refusent les achats impulsifs et ciblent les propriétés clés en main, préférant payer une prime plutôt que d’assumer l’imprévisibilité et le coût de rénovations majeures, note Dominic St-Pierre.
Passager?
Reste désormais à voir si cet essoufflement est une anomalie ou si c’est plutôt une tendance.
La firme de courtage immobilier estime que le marché est de retour à son cycle habituel prépandémie, du moins pour 2026. Elle anticipe ainsi une stabilisation globale de l’activité pendant la période estivale, un rythme plus calme propice à une pause nécessaire après la folle course des dernières années. Les prix devraient se maintenir ou progresser de façon modérée, bien qu’elle anticipe de légères corrections à la baisse à court terme pour le segment des condos à Montréal.
Mais une fois l’automne arrivé, les prix devraient repartir à la hausse, avance Royal LePage. Elle prévoit une augmentation annuelle de l’agrégat de 7% pour la province au quatrième trimestre, avec les principaux marchés québécois tous au-dessus du seuil de 5%, sauf une exception.
Québec et Sherbrooke devraient mener le bal, avec des hausses de 8%, suivies de Trois-Rivières (+7,5%) et Montréal (+5%). La croissance à Gatineau pourrait, quant à elle, se situer à seulement 1,5%.
« L’approche de l’automne, cependant, appelle à la vigilance, prévient Dominic St-Pierre. Au niveau local, les prochaines élections provinciales et les coupes budgétaires dans la fonction publique ont conduit à une révision prudente des prévisions de croissance de la ville de Québec pour la fin de l’année 2026. Malgré ces facteurs, la rareté de l’offre continuera de préserver fermement la valeur de l’immobilier québécois. »
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