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(Adstock) Vous rêvez que votre vie se transforme en tourbillon? Lancez-vous dans l’autoconstruction! Vous courrez du matin au soir entre les ouvriers et la quincaillerie, votre téléphone greffé à l’oreille, le doigt sur la calculatrice, sous l’oeil scrutateur de votre banquier.

«J’avais les cheveux bleus et ma bedaine de femme enceinte», raconte l’artisane Kim Lachance qui a joué le rôle de contractant pendant la construction de sa maison nichée en pleine nature.

«Mon père est venu m’aider», précise-t-elle. Mais le sage homme a su agir dans l’ombre afin de préserver la crédibilité de sa fille auprès des ouvriers, parfois prompts à considérer les femmes comme des p’tites madames.

Cette histoire a commencé par quelques mots d’amour… Il était une fois Kim Lachance et Patrick Magnan. Lui, de Thetford; elle, d’Adstock, où ses parents vivent toujours, en face de chez elle.

Il demeurait à L’Ange-Gardien. Elle était installée à l’île d’Orléans avec sa fille Lili (six ans et demi aujourd’hui), où elle possédait une boutique, Chez Kim La Véricière. Ils se sont rencontrés à Thetford. Un rendez-vous entre une artisane textile et un dentiste : ce n’était pas gagné. «Je me disais : un dentiste, ça doit être plate», laisse tomber la pétillante Kim.

Un an plus tard, elle était enceinte d’Agathe. Leurs univers s’étaient emboîtés : «On était prêts pour un changement.»

«On a une vie exigeante, mais on est heureux», confie la jeune femme de 36 ans qui a trouvé sa plénitude près du grand lac Saint-François, en Estrie, dans une forêt qui l’isole des voisins, avec un projet essoufflant, mais emballant.

Elle a mis sa carrière d’artisane en veilleuse, mais elle a tout de même aménagé son atelier à l’étage, en prévision du jour où ses doigts lui démangeront. Pour le moment, sa famille et sa maison occupent son esprit et son coeur. Kim et Patrick ont toute la vie devant eux. Et c’est entourés d’enfants qu’ils se projettent.

Ligne du temps

Leur ligne du temps est brève, mais riche. Rencontre : avril 2012. Achat du terrain : décembre 2012. Ébauche des plans de la maison : janvier 2013. Kim tombe enceinte : mai 2013. Début des travaux : été 2013. Emménagement : décembre 2013. Naissance d’Agathe : février 2014. Terrassement : été 2014. Tourbillon: encore en cours.

Kim et Patrick ont dessiné eux-mêmes les plans de leur maison sans sous-sol, dotée d’un étage où sont répartis les chambres des filles, l’atelier et leur suite. «J’avais les idées, Patrick prenait les mesures, puis je trouvais les matériaux», résume Kim.

Mais comme ni l’un ni l’autre n’est architecte, ils ont fait valider leurs plans par un technicien en architecture, Éric Saint-Laurent. Ils ont aussi compté sur l’inestimable expertise de leur entrepreneur, Steve Dorval. «On savait où on s’en allait», analyse-t-elle.

Reste que Kim s’est tapé le job de «chargée de projet», en passant plusieurs heures chaque jour sur le chantier, en coordonnant la circulation des ouvriers et en écumant les magasins en quête de luminaires, de robinets, de fenêtres, d’un foyer de masse, de poignées de porte, de peinture, de frigos, d’éviers, de bois, etc.

«Quand tu fais de l’autoconstruction, tu dois avoir les soumissions de tous les corps de métier avant que le financement de la banque te soit accordé», mentionne-t-elle.

L’âme de la maison

L’immense maison est constituée d’une charpente de pin rouge (timber frame) assemblée avec des goujons, signée Richard Latulippe, de la menuiserie des Mélèzes. «C’est l’âme de la maison», fait valoir Kim. Mais en réalité, toute la maison est en bois apparent, les murs intérieurs et extérieurs étant constitués d’épinette. Seul le plancher chauffant est en béton poli au diamant, teint de couleur gris anthracite. «C’est si facile d’entretien», se réjouit-elle.

Kim voulait une maison qui ressemble à «une vieille grange». Elle l’a enjolivée d’un jardin et de fleurs, a semé du trèfle et du mil. Elle a disséminé ses collections de céramique et d’oeuvres d’art, ses plantes, des portes anciennes, des jouets et des centaines de petits objets personnels qui sont des preuves d’amour et des traces encore bien vivantes de Kim La Véricière. Voilà une maman à la maison qui ne se tourne pas les pouces.

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